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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 06:17

fond-ecran-maison-hantee-1-.jpg

Un très beau poéme de V. Hugo

 

Murs , ville ,

Et port ,

Asile

De mort ,

Mer grise

Où brise

La brise ,

Tout dort .

 

Dans la plaine

Naît un bruit .

C'est l'haleine

De la nuit .

Elle brame

Comme une âme

Qu'une flamme

Toujours suit .

 

La voix plus haute

Semble un grelot .

D'un nain qui saute

C'est le galop .

Il fuit , s'élance ,

Puis en cadence

Sur un pied danse

Au bout d'un flot .

 

La rumeur approche ,

L'écho la redit .

C'est comme la cloche

D'un couvent maudit ,

Comme un bruit de foule

Qui tonne et qui roule ,

Et tantôt s'écroule ,

Et tantôt grandit .

 

Dieu ! la voix sépulcrale

Des Djinns ! ... - Quel bruit ils font !

Fuyons sous la spirale

De l'escalier profond !

Déjà s'éteint ma lampe ,

Et l'ombre de la rampe ,

Qui le long du mur rampe

Monte jusqu'au plafond .

 

C'est l'essaim des Djinns qui passe

Et rourbillonne en sifflant .

Les ifs , que leur vol fracasse ,

Craquent comme un pin brûlant .

Leur troupeau lourd et rapide ,

Volant dans l'espace vide ,

Semble un nuage livide

Qui porte un éclair au flanc .

 

Ils sont tout près ! - Tenons fermée

Cette salle , où nous les narguons .

Quel bruit dehors ! Hideuse armée

De vampires et de dragons !

La poutre du toit descellée

Ploie ainsi qu'une herbe mouillée ,

Et la vieille porte rouillée

Tremble à déraciner ses gonds !

 

Cris de l'enfer ! voix qui hurle et qui pleure !

L'horrible essaim , poussé par l'aquilon ,

Sans doute , ô ciel ! s'abat sur ma demeure .

Le mur fléchit sous le noir bataillon .

La maison crie et chancèle penchée ,

Et l'on dirait que , du sol arrachée ,

Ainsi qu'il chasse une feuille sèchée ,

Le vent la roule avec leur tourbillon !

 

Prophète ! si ta main me sauve

De ces impurs démons des soirs ,

J'irai prosterner mon front chauve

Devant tes sacrés encensoirs !

Fais que sur ces portes fidèles

Meure leur souffle d'étincelles ,

Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes

Grince et crie à ces vitraux noirs !

 

Ils sont passés ! - Leur cohorte

S'envole et fuit , et leurs pieds

Cessent de battre ma porte

De leurs coups multipliés .

L'air est plein d'un bruit de chaînes ,

Et dans les forêts prochaines

Frissonnent tous les grands chênes ,

Sous leur vol de feu pliés !

 

De leurs ailes lointaines

Le battement décroît ,

Si confus dans les plaines ,

Si faible , que l'on croit

Ouïr la sauterelle

Crier d'une voix grêle ,

Ou pétiller la grêle

Sur le plomb d'un vieux toit .

 

D'étranges syllabes

Nous viennent encore ;

Ainsi des Arabes

Quand sonne le cor ,

Un chant sur la grève

Par instants s'élève ,

Et l'enfant qui rêve

Fait des rêves d'or .

 

Les Djinns funèbres ,

Fils du trépas ,

Dans les ténèbres

Pressent leurs pas ;

Leur essaim gronde :

Ainsi , profonde ,

Murmure une onde

Qu'on ne voit pas .

 

Ce bruit vague

Qui s'endort ,

C'est la vague

Sur le bord ;

C'est la plainte

Presque éteinte ,

D'une sainte ,

Pour un mort .

 

On doute

La nuit ...

J'écoute :

Tout fuit ,

Tout passe ;

L'espace

Efface

Le bruit .

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 06:31

P1520856.JPG

 

" Je lisais . Que lisais-je ? Oh ! le vieux livre austère ,

   Le poème éternel ! - La Bible ? Non la terre ."

                                            V. Hugo

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 08:43

P1510973-copie-1.JPGAnnée 2012 . Un mystérieux écho capté par des satellites dans la Vallée des Rois , en Egypte ; les meilleurs scientifiques du monde sont appelés afin qu'ils identifient ce signal inconnu . Au fond d'une pyramide ils découvrent trois corps : Akhenaton , Nefertiti et un troisième corps d'origine inconnue qui émet une puissante lumière...mais ce corps momifié est celui d'un homme de nationalité américaine ... un astronaute !

Passionnant livre , qui s'adresse peut-être plus aux hommes qu'aux femmes , par le style et le vocabulaire assez hermétique,  enfin moi j'ai dévoré ce roman qui mêle génétique , histoire , théologie , physique quantique , tout cela autour du linceul de Turin et du sort de l'humanité !

Bonne lecture

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 14:02

P1490177.JPG

 

Empressement , bousculade dans l'aéroport Kennedy à New York... Madeline et Jonathan se télescopent laissant échapper leur téléphone portable . Rapide incartade , tout deux ramassent leur précieux objet  et filent vers leur embarquement respectif... sans le vouloir ils ont échangé leurs téléphones qui contiennent toute leur vie ... mais c'est une fois arrivés à destination qu'ils s'aperçoivent de leur méprise ; Madeline dans son magasin de fleurs à Paris ... Jonathan dans son restaurant à San Francisco ... tout deux poussés par la curiosité explorent le contenu du téléphone de l'autre ...

Un roman qui se lit d'une traite !

Mais je vous laisse le plaisir d'en découvrir  l'intrigue...

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 10:18

J'ai trouvé ce très beau poème dans la chambre de mon fils ;  écrit par je ne sais qui ? Si vous connaissez l'auteur , faites-moi le savoir . Merci !

  

p2tb8v6i-1-.jpg

 

Tu me parles du fond d'un rêve

Comme une âme parle aux vivants .

Comme l'écume de la grève ,

Ta robe flotte dans les vents .

 

Je suis l'algue des flots sans nombre ,

Le captif du destin vainqueur ;

Je suis celui que toute l'ombre

Couvre sans éteindre son coeur .

 

Mon esprit ressemble à cette île ,

Et mon sort à cet océan ;

Et je suis l'habitant tranquille

De la foudre et de l'ouragan .

 

Je suis le proscrit qui se voile ,

Qui songe , et chante loin du bruit ,

Avec la chouette et l'étoile ,

La sombre chanson de la nuit .

 

Toi , n'es-tu pas , comme moi-même ,

Flambeau dans ce monde âpre et vil , 

Ame , c'est-à-dire problème , 

Et femme , c'est-à-dire , exil ?

 

Sors du nuage , ombre charmante .

O fantôme , laisse-toi voir !

Sois un phare dans ma tourmente ,

Sois un regard dans mon ciel noir !

 

Cherche-moi parmi les mouettes !

Dresse un rayon sur mon récif ,

Et , dans mes profondeurs muettes ,

La blancheur de l'ange pensif !

 

Sois l'aile qui passe et se mêle

Aux grandes vagues en courroux .

Oh ! viens ! tu dois être bien belle ,

Car ton chant lointain est bien doux ;

 

Car la nuit engendre l'aurore ;

C'est peut-être une loi des cieux

Que mon noir destin fasse éclore

Ton sourire mystérieux !

 

Dans ce ténébreux monde où j'erre ,

Nous devons nous apercevoir ,

Toi , toute faite de lumière ,

Moi , tout composé de devoir !

 

Tu me dis de loin que tu m'aimes ,

Et que , la nuit , à l'horizon ,

Tu viens voir sur les grèves blêmes

Le spectre blanc de ma maison .

 

Là , méditant sous le grand dôme ,

Près du flôt sans trêve agité ,

Surprise de trouver l'atome

Ressemblant à l'immensité ,

 

Tu compares , sans me connaître ,

L'onde à l'homme , l'ombre au banni

Ma lampe étoilant ma fenêtre

A l'astre étoilant l'infini !

 

Parfois , comme au fond d'une tombe ,

Je te sens sur mon front fatal ,

Bouche de l'Inconnu d'où tombe

Le pur baiser de l'Idéal .

 

A ton souffle , vers Dieu poussées ,

Je sens en moi , douce frayeur ,

Frissonner toutes mes pensées ,

Feuilles de l'arbre intérieur .

 

Mais tu ne veux pas qu'on te voit ;

Tu viens et tu fuis tour à tour ;

Tu ne veux pas te nommer joie ,

Ayant dit : Je m'appelle Amour .

 

Ah ! fais un pas de plus ! viens , entre ,

Si nul devoir ne le défend ;

Viens voir mon âme dans son antre ,

L'esprit lion , le coeur enfant ;

 

Viens voir le désert où j'habite ,

Seul sous mon plafond effrayant ;

Sois l'ange chez le cénobite

Sois la clarté chez le voyant .

 

Change en perles dans mes décombres

Toutes mes gouttes de sueur !

Viens poser sur mes oeuvres sombres

Ton doigt d'où sort une lueur !

 

Du bord des sinistres ravines

Du rêve et de la vision ,

J'entrevois les choses divines ...

Complète l'apparition !

 

Viens voir le songeur qui s'enflamme

A mesure qu'il se détruit ,

Et de jour en jour dans son âme

A plus de mort et moins de nuit !

 

Viens ! viens dans ma brume hagarde

Où naît la foi , d'où l'esprit sort ,

Où confusément je regarde

Les formes obscures du sort .

 

Tout s'éclaire aux lueurs funèbres ;

Dieu , pour le penseur attristé ,

Ouvre toujours dans les ténèbres

De brusques gouffres de clarté .

 

Avant d'être sur terre ,

Je sens que jadis j'ai plané ;

J'étais l'archange solitaire ,

Et mon malheur , c'est d'être né .

 

Sur mon âme , qui fut colombe ,

Viens , toi qui des cieux as le sceau .

Quelquefois une plume tombe

Sur le cadavre d'un oiseau .

 

Oui , mon malheur irréparable ,

C'est de prendre aux deux éléments ,

C'est d'avoir en moi , misérable ,

De la fange et du firmament !

 

Hélas ! hélas ! c'est d'être un homme ;

C'est de songer que j'étais beau ,

D'ignorer comment je me nomme ,

D'être un ciel et d'être un tombeau !

 

C'est d'être un forçat qui promène

Son vil labeur sous le ciel bleu ;

C'est de porter la hotte humaine

Où j'avais vos ailes , mon Dieu !

 

C'est de traîner de la matière ;

C'est d'être plein , moi , fils du jour ,

De le terre de cimetière ,

Même quand je m'écrie : Amour !

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 18:02

P1470995.JPG

 

Tout veut que tout vive et revive ,

Et que les coeurs et que les nids ,

L'aube et l'azur , l'onde et le rive ,

Et l'âme et Dieu , soient infinis ,

 

Il faut aimer . Et sous l'yeuse ,

On sent , dans les beaux soirs d'été , 

La profondeur mystérieuse

De cette immense volonté .

                                HUGO

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 05:55

Je ris toute seule !   j'entends partout la beauté ce n'est pas important , ça ne compte pas , ce qu'il faut voir c'est la beauté intérieure !!! Alors comment ce fait-il que vous ayez tous et toutes fait le nez sur la photo de cette innocente courtilière qui ne vous a jamais rien dit , ni causé le moindre ennui ... Vous êtes toutes des sacrées chipies !!!

 

P1470441.JPG 

 

J'ai oublié de vous  dire , cette courtilière si vilaine a un chant à rendre jalouses les sirènes !!! 

 

 

 

A présent un magnifique poème d'Hugo : " Le Crapaud "

Depuis mon enfance ce poème m'émeut aux larmes tant par sa beauté que par sa générosité ; il est un peu long , je vous l'accorde ...si vous n'avez pas le temps de le lire aujourd'hui , revenez demain l'apprécier à tête reposée ; il est superbe mais sans doute beaucoup le connaissent déjà !

Au passage je dénonce la torture physique et morale  , tant pour l'homme que pour l'animal ! La torture : ultime bassesse , exécrable lâcheté , la honte de l'humanité  ; pire que le crime !

Je dénonce la torture quotidienne , le chantage à la peur , les humiliations , tous les coups tordus et vicelards qui pourrissent l'existence !

 

 

 

                                §§§§§§§§§§§§ 

 

                                                     

Que savons-nous ? Qui donc connaît le fond des choses ?

Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;

C'était la fin du jour d'orage , et l'occident

Changeait l'ondée en flamme en son brasier ardent ;

Près d'une ornière , au bord d'une flaque de pluie ,

Un crapaud regardait , bête éblouie ;

Grave , il songeait ; l'horreur contemplait la splendeur .

(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?

Hélas ! le bas-empire est couvert d'Augustules ,

Les Césars de forfaits , les crapauds de pustules ,

Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)

Les feuilles s'empourpraient dans les arbres vermeils ;

L'eau miroitait , mêlée à l'herbe , dans l'ornière ;

Le soir se déployait ainsi qu'une bannière ;

L'oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;

Tout s'apaisait , dans l'air , sur l'onde ; et , plein d'oubli ,

Le crapaud , sans effroi , sans honte , sans colère ,

Doux , regardait la grande auréole solaire ;

Peut-être le maudit se sentait-il béni ,

Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini ;

Pas de prunelle abjecte et vile qui ne touche

L'éclair d'en haut , parfois tendre et parfois farouche ;

Pas de monstre chétif , louche , impur , chassieux ,

Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux .

Un homme qui passait vit la bête hideuse ,

Et , frémissant , lui mit son talon sur la tête ;

C'était un prêtre ayant un livre qu'il lisait ;

Puis une femme , avec une fleur au corset ,

Vint et lui creva l'oeil du bout de son ombrelle ;

Et le prêtre était vieux , et la femme était belle .

Vinrent quatre écoliers , sereins comme le ciel .

- J'étais enfant , j'étais petit , j'étais cruel ; -

Tout homme sur la terre , où l'âme erre asservie ,

Peut commencer ainsi le récit de sa vie .

On a le jeu , l'ivresse et l'aube dans les yeux ,

On a sa mère , on est des écoliers joyeux ,

De petits hommes gais , respirant l'atmosphère

A pleins poumons , aimés , libres , contents ; que faire

Sinon de torturer quelque être malheureux ?

Le crapaud se traînait au fond du chemin creux .

C'était l'heure où des champs les profondeurs s'azurent ;

Fauve , il cherchait la nuit ; les enfants l'aperçurent

Et crièrent : " Tuons ce vilain animal ,

Et , puisqu'il est si laid , faisons-lui bien du mal !"

Et chacun d'eux , riant - l'enfant rit quand il tue -

Se mit à le piquer d'une branche pointue ,

Elargissant le trou de l'oeil crevé , blessant

Les blessures , ravis , applaudis du passant ;

Car les passants riaient ; et l'ombre sépulcrale

Couvrait ce noir martyr qui n'a pas même un râle ,

Et le sang , sang affreux , de toutes parts coulait

Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid ; 

Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;

Un enfant le frappait d'une pelle ébréchée ;

Et chaque coup faisait écumer ce proscrit

Qui , même quand le jour sur sa tête sourit ,

Même sous le grand ciel , rampe au fond d'une cave ;

Et les enfants disaient : " Est-il méchant ! Il bave !"

Son front saignait ; son oeil pendait ; dans le genêt

Et la ronce , effroyable à voir , il cheminait ;

On eût dit qu'il sortait de quelque affreuse serre ;

Oh ! la sombre action , empirer la misère !

Ajouter de l'horreur à la difformité !

Disloqué , de cailloux en cailloux cahoté ,

Il respirait toujours ; sans abri , sans asile ,

Il rampait ; on eût dit que la mort , difficile ,

Le trouvait si hideux qu'elle le refusait ;

Les enfants le voulaient saisir dans un lacet ,

Mais il leur échappa , glissant le long des haies ;

L'ornière était béante , il y traîna ses plaies

Et s'y plongea sanglant , brisé , le crâne ouvert ,

Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert ,

Lavant la cruauté de l'homme en cette boue ;

Et les enfants , avec le printemps sur la joue .

Blonds , charmants , ne s'étaient jamais tant divertis .

Tous parlaient à la fois , et les grands aux petits

Criaient : " Viens voir ! dis donc , Adolphe , dis donc , Pierre

Allons pour l'achever prendre une grosse pierre !"

Tous ensemble , sur l'être au hasard exécré ,

Ils fixaient leurs regards , et le désespèré

Regardait s'incliner sur lui ces fronts horribles .

- Hélas ! ayons des buts , mais n'ayons pas de cibles ;

Quand nous visons un point de l'horizon humain ,

Ayons la vie , et non la mort , dans notre main . -

Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;

C'était de la fureur et c'était de l'extase ;

Un des enfants revînt , apportant un pavé ,

Pesant , mais pour le mal aisément soulevé ,

Et dit : " Nous allons voir comment cela va faire .-

Or , en ce même instant , juste à ce point de terre ,

Le hasard amenait un chariot très lourd

Traîné par un vieux âne écloppé , maigre et sourd ;

Cet âne harassé , boîteux et lamentable ,

Après un jour de marche approchait de l'étable ;

Il roulait la charrette et portait un panier ;

Chaque pas qu'il faisait semblait l'avant-dernier ;

Cette bête marchait , battue , exténuée ;

Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée ;

Il avait dans ses yeux voilés d'une vapeur

Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;

Et l'ornière était creuse , et si pleine de boue

Et d'un versant si dur , que chaque tour de roue

Etait comme un lugubre et rauque arrachement ;

Et l'âne allait geignant et l'ânier blasphémant ;

La route descendait et poussait la bourrique ;

L'âne songeait , passif , sous le fouet , sous la trique ,

Dans une profondeur où l'homme ne va pas .

 

Les enfants , entendant cette roue et ce pas ,

Se tournèrent bruyants et virent la charrette :

-" Ne mets pas le pavé sur le crapaud . Arrête !"

Crièrent-ils . " Vois-tu , la voiture descend

Et va passer dessus , c'est bien plus amusant .

"Tous regardaient . Soudain , avançant dans l'ornière

Où le monstre attendait sa torture dernière ,

L'âne vit le crapaud , et , triste , - hélas ! penché

Sur un plus triste - lourd , rompu , morne , écorché ,

Il sembla le flairer avec sa tête basse ;

Ce forçat , ce damné , ce patient , fit grâce ;

Il rassembla sa force éteinte , et , roidissant

Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang , 

Résistant à l'ânier qui lui criait : Avance !

Maîtrisant du fardeau l'affreuse connivence ,

Avec sa lassitude acceptant le combat ,

Tirant le chariot et soulevant le bât ,

Hagard , il détourna la roue inexorable ,

Laissant derrière lui vivre ce misérable ;

Puis , sous un coup de fouet , il reprit son chemin .

Alors , lâchant la pierre échappée à sa main ,

Un des enfants - celui qui conte l'histoire -

Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire ,

Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !

Bonté de l'idiot ! diamant du charbon !

Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !

Les célestes n'ont rien de plus que les funèbres

Si les funèbres , groupe aveugle et châtié ,

Songent , et , n'ayant pas la joie , ont la pitié .

O spectacle sacré ! l'ombre secourant l'ombre ,

L'âme obscure venant en aide à l'âme sombre ,

Le stupide , attendri , sur l'affreux se penchant ,

Le damné bon faisant rêver l'élu méchant !

L'animal avançant lorsque l'homme recule !

Dans la sérénité pâle du crépuscule ,

La brute par moments pense et sent qu'elle est soeur

De la mystérieuse et profonde douceur ;

Il suffit qu'un éclair de grâce brille en elle

Pour qu'elle soit égale à l'étoile éternelle ;

Le baudet qui , rentrant le soir , surchargé , las ,

Mourant , sentant saigner ses pauvres sabots plats ,

Fait quelques pas de plus , s'écarte et se dérange

Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange ,

Cet âne abject , souillé , meurtri sous le bâton ,

Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon .

Tu cherches , philosophe ? O penseur , tu médites ?

Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?

Crois , pleure , abîme-toi dans l'insondable amour !

Quiconque est bon habite un coin du ciel . O sage ,

La bonté , qui du monde éclaire le visage ,

La bonté , ce regard du matin ingénu ,

La bonté , pur rayon qui chauffe l'inconnu ,

Instinct qui , dans la nuit et dans la souffrance , aime ,

Est le trait d'union ineffable et suprême

Qui joint , dans l'ombre , hélas ! si lugubre souvent ,

Le grand ignorant , l'âne , à Dieu le grand savant .

 

 

 

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 07:44

Quand on est un monstre , on ne peut faire que des monstruosités ... n'est-ce pas ? Voilà qui est fait cet adorable monstre qu'est kinia m'a taguée !!!

Ho la vilaine : http://kinia.over-blog.fr

 

J'ai toujours aimé les romans, les poémes , les biographies , les atlas et tous les livres mais quand je suis fatiguée je regarde les BD ! Et je me marre tout particulièrement avec Agrippine de Claire Bretécher ! A vrai dire je méclate  Son humour et ses dessins désopilants me mettent en joie !

 

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P1400245.JPG  P1400246.JPG

                                                                             

                           

                                                                                                                   

 

 

22_albums_tintin-1-.jpgEnsuite vient Tintin avec tous ses albums : le Lotus Bleu , Le Trésor de Rackam le Rouge , L'île noire , Les Cigares du Pharaon , Coke en Stock , Tintin au Tibet , Tintin au Pays de l'Or Noir etc ... Je lis ces albums depuis l'âge de 7ans et je dois dire qu'Hergé m'a délicieusement dévergondée en me sortant d'une éducation rigide et puritaine.

Avec Tintin je voyageais dans tous les pays du monde , et je pense qu'il a fortement inspiré ma vie ! Et je remercie Hergé pour tout cela !

 

Puis Lucky Luke avec son chien le plus bête de l'Ouest Rantanplan et les affreux Dalton 

                                   

                            lucky-luke-la-corde[1]                             

 

 

Les Profs parce qu'on les adore et on les déteste ! 

 

images-5-.jpg 

Les passagers du Vent                                                T_27893-1-.jpg

 

 

                                            La Rose Ecarlate

 

rose02c_56595-1-.jpg 

 

... et tous les merveilleux mangas poétiques , psychologiques etc ... et les dessins sont si beaux !

 

 the-queens-knight-volume-12-1-.jpgangel-sanctuary-volume-20-1-.jpgvagabond-volume-33-1-.jpg 

Le Prince des Ténèbres , Bastard , Tokyo Balylon , The Queen's Knight , Vagabond , Angel Sanctuary , Yureka , Larmes de Samouraï ......................  

 

larmes-de-samourai-volume-1-1-.jpgprince-des-tanabres-le-volume-1-1-.jpgtokyo-babylon-volume-12-1-.jpg

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 09:08

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Entré dans la Résistance , Roger Vailland se réfugia à Chavannes/sur/Reyssouze en 1944 ; puis il séjourna aux Allymes dans le Bugey et se fixa enfin à Meillonnas dans le Revermont .

 

DISCRET DANS LA VIE ...

 

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C'est dans ce village qu'il écrivit l'essentiel de son oeuvre : Drôle de Jeu , La Loi , Les mauvais Coups ,

325 000 francs etc ...

Il s'affirma dans ses romans comme un écrivain engagé et dans ses pièces de théâtre comme un moraliste ironique et libertin .

 

... DISCRET DANS LA MORT

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 12:50

Jeanne Sandelion , vous connaissez peut-être ? Moi je viens tout juste de découvrir cette femme . Ce poéme trouvé au hasard de mes lectures sur la région m'a fascinée ! Je veux vous le faire partager .

 

 

252_4682.JPG

 

J'ai vu saigner le coeur charmant de mon pays

dans l'automne flambant d'érables , de maïs .

Les vignes érigeaient leurs rustiques calvaires ,

les cornouillers pleuraient leur rouge passion ,

les corbeaux étaient noirs , les hameaux sentaient bon ,

les hameaux sentaient bon le pain chaud et la terre ,

le sol buvait le sang comme à Gethsémani ,

et tout brûlait et tout saignait à l'infini ,

l'or flambait et le sang coulait comme à Byzance ...

Et c'était tout de même un automne en France .

 

                                      ( Visages de l'Ain ) 

 

 

Jeanne Sandelion ( 1899-1976 ) a connu ses heures de gloire dans les années 1928-1930 lorsqu'elle fréquentait le romancier Henry de Montherlant ; elle a consacré sa vie à la poésie , produisant de nombreux recueils de vers inspirés par la nature et par l'amour , à l'image de sa lointaine compatriote Louise Labé ( 1524-1566 ) de Parcieux-en-Dombes  ; elle a aussi écrit quelques romans . Elle fut aussi une émule de Marceline Desbordes-Valmore et d'Anna de Noailles .

 

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MES CONVICTIONS

" Tout ce qui n'est pas donné est perdu ." proverbe indien

" Les mots sont les passants mystérieux de l'âme ." V.Hugo

" J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de

  l'indifférence ." A.France

" La liberté c'est s'oublier ." Apsara

" Le premier amour est toujours le dernier ." T.Ben Jelloun

" L'idéal est un oeil que la science crève ." V. Hugo

" Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ." 

                                        Rabelais

" Les souffrances extrêmes ont les intuitions infaillibles de

   l'instinct ." P. Bourget

" J'aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes

   forces....il y aura toujours un chien perdu quelque part

   qui m'empêchera d'être heureuse ." J. Anouilh ( La

   sauvage )

" Je souffre donc je suis ." Apsara

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